Trésors d'histoire naturelle: l’orignal de Lausanne
 
 
 

Difficile à croire : derrière cet élan d’Alaska se cache un… grizzli ! Effectivement, quand le Lausannois Henri Despland part à la chasse en 1987, c’est pour tuer un ours. Et l’offrir au Musée de zoologie. Il s’envole pour l’Alaska avec Aristide Codourey, alors taxidermiste à Rumine. Celui-ci s’en souvient comme d’une aventure « qui n’arrive qu’une fois dans une vie ». Largués en pleine Alaska, les deux Lausannois attendent des jours et des nuits. « On voyait des castors, des lynx, mais ni orignal ni grizzli. » Quand, enfin, le chasseur tue l’animal, le taxidermiste est seul pour le dépecer. « Je ne comprends toujours pas comment j’ai réussi. » C’est que Alces alces americana, le plus gros des cervidés, a une taille comparable à celle d’un cheval. « En atelier, on suspend une telle bête. Là-bas, à même le sol, en quatre heures je l’avais préparée. » Les 80 kilos de peau sont ensuite lavés dans la rivière, puis salés. Le taxidermiste prend des mesures, puis fait bouillir le crâne sur un feu.

De retour à Lausanne, il faut plus huit mois à Aristide Codourey pour monter une structure rigide recouverte de treillis et de plâtre. Les bois (d’une envergure de plus d’1m50) ne pouvaient passer la porte de l’atelier. Ils seront donc posés avec la peau, une fois l’orignal transporté, grâce à une grue, dans la galerie Nord. Et, sur le podium, le don d’Henri Despland est exposé… tout près d’un grizzli.

Emmanuelle Ryser, chargée de communication
Article paru dans le Terre & Nature du 25 janvier 2007

  Musée cantonal de zoologie
Le 24.05.2007

Lausanne Palais de Rumine
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