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La
fin de "baiji", déesse du fleuve |
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©
AFP. Qi, un baiji de l'aquarium de Wuhan, mort
en 2002 à l'âge de 22 ans.
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La
Déesse du Yangzi n'est plus. Pourquoi cet intérêt
soudain des chercheurs pour une divinité chinoise
? Parce que cette appellation désigne en réalité
le dauphin de la rivière Yangzi (ou fleuve Bleu),
un animal emblématique pour les Chinois de la région,
qui l'appellent aussi baiji, et dont le nom scientifique
est Lipotes vexillifer.
Une
équipe internationale de biologistes, composée
de chercheurs britanniques, américains, canadiens,
japonais et chinois ont sillonné pendant six semaines,
en novembre et décembre 2006, la partie du fleuve
où étaient censés vivre ces dauphins
d'eau douce. Malgré tous leur efforts, aucune trace
de cet animal n'a été relevé. Le
dauphin du Yangzi est donc déclaré disparu,
à moins que, par miracle, on en retrouve, un jour,
un représentant ayant survécu à tous
les dangers.
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Dans les années
1950, la population de ces dauphins d'eau douce à la peau
claire et au long bec spatulé, adapté à la
capture des crabes et des poissons, était estimée
à 6 000 individus. Elle était tombée à
200 en 1990, puis à 7 en 1998. Depuis 1996, ce cétacé
odontocète (doté de dents) était placé
sur la liste des espèces en "danger critique"
par l'Union mondiale pour la nature (IUCN).Le dernier specimen
avait été aperçu par un pêcheur fin
2004. Le dauphin du Yangzi est la quatrième espèce
de mammifère à s’être éteinte
depuis cinq cents ans. Pour Sam Turvey, biologiste de la Société
de zoologie de Londres, qui a conduit l’expédition,
cette disparition est une « tragédie» qui «
souligne notre responsabilité en tant que gardien de la
planète».
La densité du
trafic fluvial serait à l’origine de la disparition
de ce cétacé. En effet le baiji se déplaçait
à l’aide d’un sonar naturel que le nombre de
bateaux perturbait, empêchant l’animal de se diriger.
Les filets de pêcheurs dans lequel des dauphins périssaient
régulièrement, étranglés par leurs
mailles, les déversements des déchets de l’industrie
et de l’agriculture dans le fleuve ont aussi participé
à la rapide élimination de l’espèce.
Le baiji était
une figure importante du folklore local. La légende décrit
l’animal comme la réincarnation d’une princesse
noyée dans le fleuve par son père pour avoir refusé
d’épouser un homme qu’elle n’aimait pas.
Le gracieux animal était également le dieu du fleuve,
qui suivait volontiers les bateaux dans leur navigation.
Résumé
des articles parus dans Le Monde du 11.08.07 par Christiane Galus,
dans Le Temps du 20 août 2007, écrit par Frédéric
Koller.
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