Les
syntomidés sont des papillons tropicaux, mais certaines
espèces ont été rencontrées en Suisse
sans avoir besoin du réchauffement global
Les
syntomidés sont des papillons que l’on rencontre
avant tout sous les tropiques et dans les régions subtropicales.
Pourtant l’Europe centrale compte 5 espèces dont
la forme rappellent fortement celle des zygènes, vous savez
ces petits papillons rouges et noirs que l’on rencontre
un peut partout à cette époque dans des prairies
naturelles. L’une des particularités des espèces
tropicales de syntomidés est le fait d’imiter un
certain nombre d’espèces de guêpes tropicales
poussant le perfectionnisme jusqu’à posséder
un faux aiguillon et une taille de guêpe.
Les chenilles de différentes espèce de syntomidés
sécrètent des substances répuslives pour
les oiseaux. Lorsque ces chenilles sont dérangées,
elles émettent ces gouttes au bout de grandes verrues velues
de la face dorsale. Des expériences réalisées
avec des étourneaux ont montré que les oiseaux évitaient
déjà les chenilles après une seule tentative
de consommation. Autant vous dire que c’est un système
de défense efficace.
D’une manière générale les ailes des
adultes forment un large triangle, alors que les postérieures
sont particulièrement petites et ovales. Les espèces
européennes possèdent soit des ailes brun clair
avec des taches blanches soit alors des ailes d’un très
beau bleu noir métallique avec des petites taches blanches.
Ces espèces là portent encore deux anneaux jaunes
sur l’abdomen. Reconnaissez-le, c’est plutôt
exotique. Les individus volent de jour avec un vol plutôt
bourdonnant et assez particulier, à première vue
ils semblent dépenser beaucoup d’énergie pour
une efficacité réduite.
L’espèce que j’aimerais vous présenter
aujourd’hui s’appelle Syntomis phegea et ne possède
pas de nom vernaculaire en français. On la rencontre du
sud-ouest de l’Europe jusqu’à la région
de la mer Noire et de l’Ukraine. En Suisse, nous rencontrons
cette espèce au Tessin, en Valais et dans le Val Poschiavo.
Le spécimen que vous pouvez voir sur la photo a justement
été photographié au Val Poschiavo il y a
peu de temps. De plus vu le nombre d’individus rencontrés
à cette occasion, on peut penser que l’espèce
n’est pas menacée.
D’une envergure de 3 à 4 cm, ces papillons sont tout
à fait reconnaissables à cause du fond noir de l’aile
avec cet éclat bleuâtre si caractéristique.
On ne connaît pas encore très bien la biologie de
cette espèce et l’on suppose que la femelle pond
ses œufs sur différentes plantes basses. Juste après
l’éclosion la chenille est grise, puis elle atteindra
une taille de 3 cm en devenant noire avec des touffes de poils
caractéristiques. Les chenilles sont fréquemment
trouvées sur les murs en pierres naturelles, ou vers des
amas de pierres naturelles. De plus cette espèce se rencontre
aussi souvent en lisière de forêt ou dans des forêts
avec de petites clairières ou des trouées. Pour
se nymphoser la chenille s’arrache les poils et les incorpore
à la toile tissée qu’elle confectionne pour
l’occasion. Cette opération se déroule au
sol, sous les feuilles ou sous des pierres. Les adultes butinent
les fleurs et semblent avoir un faible pour les fleures de reines
de bois, mais on les rencontre aussi sur les scabieuses, les centaurées
et même l’arbre à papillon (buddléia).
Il n’y a qu’une génération par année,
les premiers papillons sont présents au début juin
déjà dans le sud du Tessin, parfois dès la
fin du mois de mai. La période principale de vol s’étend
de fin juin à début août, ce qui signifie
que ce sont les chenilles qui passent l’hiver.