L’hibernation du grand hamster (suite et fin) (11.11.07)
 

Le hamster européen est entré en hibernation, un phénomène qui intéresse de très près les scientifiques français

Le hamster européen, dont nous avons vu la biologie dimanche passé, est un hibernant. Suivant certaines études, il disparaît au fond de son terrier dès le mois d’octobre pour ne réapparaître qu’à partir de la mi-avril. L’émergence des mâles précède d’environ 15 jours celle des femelles.

Cette hibernation commence lorsque la température moyenne d’automne devient inférieure à 10°C. Durant cette phase il consommera la nourriture qu’il a accumulée au cours des mois précédents, lors de ses réveils réguliers. Les plus fantaisistes parlaient de 100 kg de nourriture, alors que la réalité est de l’ordre de quelques kilos. Par exemple, on a trouvé dans un terrier 200 pommes de terre fraîches, représentant un poids approximatif de 5 kilogrammes, puis du blé en grains bien détachés, dont le volume mesurait presque 2 litres. Donc, durant l’hiver, la température corporelle de notre hamster va baisser jusqu’à 6 ou 7°C (environ 1°C de plus que la température régnant au fond de son terrier) mais tous les 4 à 7 jours il se réveille pour boire et manger, ce qui explique la présence de provisions dans le terrier. C’est un système bien particulier permettant d’économiser l’énergie, tout en consommant à intervalles réguliers de la nourriture. Cette question de pouvoir baisser puis remonter la température intéresse les médecins, notamment les chirurgiens car ce processus pourrait être appliqué à l’homme lors de certaines opérations cardiaques par exemple. Une équipe française de chercheurs de l’Institut des neursosciences cellulaires et intégratives de Strasbourg vient d’étudier cela chez le hamster européen.

Durant l’hibernation l’horloge circadienne ou interne conditionne selon un rythme de 24 heures des fonctions comportementales comme la régulation du sommeil, de la température etc. La question qui se posait était de savoir si la température corporelle des animaux en hibernation pouvait influencer le fonctionnement de cette horloge et ainsi agir sur les mécanismes cérébraux de mesure du temps. La réponse est claire, les gênes horloges chez les animaux hibernants sont figés alors qu’ils oscillent chez les non hibernant. C’est donc bien la preuve que l’horloge interne cesse de fonctionner pendant certaines phases de l’hibernation et que la température joue peut-être sur la durée de ce cycle.

 

une rubrique publiée par

  Musée cantonal de zoologie
Le 22.11.2007

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