Le
hamster européen est entré en hibernation, un phénomène
qui intéresse de très près les scientifiques
français
Le hamster européen, dont nous avons vu la biologie dimanche
passé, est un hibernant. Suivant certaines études,
il disparaît au fond de son terrier dès le mois d’octobre
pour ne réapparaître qu’à partir de
la mi-avril. L’émergence des mâles précède
d’environ 15 jours celle des femelles.
Cette hibernation
commence lorsque la température moyenne d’automne
devient inférieure à 10°C. Durant cette phase
il consommera la nourriture qu’il a accumulée au
cours des mois précédents, lors de ses réveils
réguliers. Les plus fantaisistes parlaient de 100 kg de
nourriture, alors que la réalité est de l’ordre
de quelques kilos. Par exemple, on a trouvé dans un terrier
200 pommes de terre fraîches, représentant un poids
approximatif de 5 kilogrammes, puis du blé en grains bien
détachés, dont le volume mesurait presque 2 litres.
Donc, durant l’hiver, la température corporelle de
notre hamster va baisser jusqu’à 6 ou 7°C (environ
1°C de plus que la température régnant au fond
de son terrier) mais tous les 4 à 7 jours il se réveille
pour boire et manger, ce qui explique la présence de provisions
dans le terrier. C’est un système bien particulier
permettant d’économiser l’énergie, tout
en consommant à intervalles réguliers de la nourriture.
Cette question de pouvoir baisser puis remonter la température
intéresse les médecins, notamment les chirurgiens
car ce processus pourrait être appliqué à
l’homme lors de certaines opérations cardiaques par
exemple. Une équipe française de chercheurs de l’Institut
des neursosciences cellulaires et intégratives de Strasbourg
vient d’étudier cela chez le hamster européen.
Durant l’hibernation
l’horloge circadienne ou interne conditionne selon un rythme
de 24 heures des fonctions comportementales comme la régulation
du sommeil, de la température etc. La question qui se posait
était de savoir si la température corporelle des
animaux en hibernation pouvait influencer le fonctionnement de
cette horloge et ainsi agir sur les mécanismes cérébraux
de mesure du temps. La réponse est claire, les gênes
horloges chez les animaux hibernants sont figés alors qu’ils
oscillent chez les non hibernant. C’est donc bien la preuve
que l’horloge interne cesse de fonctionner pendant certaines
phases de l’hibernation et que la température joue
peut-être sur la durée de ce cycle.