Le coelacanthe, une très longue histoire (17.07.05)
 

Découvert en 1938, ce poisson primitif que l’on croyait disparu intéresse toujours les scientifiques

L’histoire débute le 23 décembre 1938, lorsque le capitaine d’un bateau de pêcheur, nommé Hendrik Goosen, qui pêchait dans les eaux côtières de l’Océan indien revint au port d’East London, au nord-est de Cape Town en Afrique du Sud. Il faut préciser que ce capitaine s’était lié d’amitié avec Marjorie Courtenay-Latimer conservatrice d’un petit musée de la ville et il l’invitait souvent à venir voir ses prises, lui laissant la possibilité de prélever quelques spécimens pour son musée. Or ce jour là, Marjorie allait découvrir quelque chose qu’elle décrivit ensuite comme le plus beau poisson qu’elle n’avait jamais vu. En effet ce spécimen mesurait près d’un mètre cinquante de long, d’un bleu iridescent tacheté d’argent. Notre conservatrice n’avait aucune idée de ce que cela pouvait bien être et elle le ramena au musée pour l’étudier de plus près. Après avoir effectué quelques recherches, elle se trouva confrontée avec une drôle d’énigme. En effet la seule image qu’elle avait trouvée et qui rappelait ce poisson était un poisson préhistorique. Elle fit alors un dessin de son poisson et envoya ce dessin au professeur J. L. B. Smith, un spécialiste sud-africain des poissons habitant Grahamstown. Smith vint quasi sur le camp pour regarder de plus près ce spécimen. En effet il avait cru reconnaître un coelacanthe, une espèce de poisson dont on possédait plusieurs fossiles, mais que l’on croyait disparu depuis 75 millions d’années ! Le nom coelaanthe est dérivé d’un mot grec qui signifie « épine dorsale creuse ». Les cartilages dorsaux du coelacanthe, appelés notocrodes, sont creux et remplis de liquide. Smith baptisa la nouvelle espèce « Latimeria chalumnae ». Le nom de genre Latimeria est dérivé du nom de Marjorie Courtenay-Latimer, quant au nom de l’espèce chalumnae, il vient de la rivière Chalumna, à l’embouchure de laquelle le capitaine Hendrik Goosen avait pêché ce fameux jour de 1938. Le poisson devint rapidement la plus importante découverte zoologique du siècle. Malheureusement le taxidermiste n’ayant pu conserver les tissus mous du poisson Smith s’était résolu à trouver un autre spécimen pour permettre aux scientifiques de l’étudier dans les règles de l’art. Sa femme et lui parlèrent de ce projet à tous les scientifiques qu’ils rencontrèrent au cours de leurs voyages, mais il fallut attendre l’année 1952, lorsque des pêcheurs ramenèrent un coelacanthe provenant de l’archipel des Comores. La république des Comores est un petit archipel de trois îles dans l’Océan indien, aussi instable politiquement que naturellement, le mont Karthala sur l’île de la Grande Comore est un volcant très actif dont les éruptions se succèdent à peu près tous les 20 ans. Le coelacanthe fut pris à proximité de l’île d’Anjouan. Anxieux de pouvoir récupérer le poisson en bon état, Smith réussit à convaincre le premier ministre de l’Afrique du Sud, M. Malan, de lui fournir un avion et du personnel militaire pour aller le chercher. Il faut préciser toutefois que la capture par les pêcheurs n’était pas volontaire. La cible de l’industrie traditionnelle de pêche des Comores est le rouvet (Ruvettus pretiosus), qui partage avec le coelacanthe le même habitat soit les eaux profondes près de la côte et chasse les mêmes proies. Avant que les scientifiques n’attirent l’attention des pêcheurs sur la valeur du coelacanthe, ces derniers le considéraient comme une nuisance. Au mieux, ils le laissaient repartir, mais comme le colecanthe possède une mâchoire impressionnante et des rangées de petites dents très acérées et que les lignes coûtent très cher, le comportement le plus typique était d’achever le poisson et de récupérer l’hameçon avant de rejeter l’animal. (à suivre)

 

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  Musée cantonal de zoologie
Le 17.08.2005

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