En
1958, Walt Disney créait de toutes pièces le mythe
du suicide collectif des lemmings, la réalité est
assez différente...
En
1958 pour la réalisation de son film « White Wilderness
» plus connu sous le titre de Nature vivante, Disney et
son équipe de réalisateurs importèrent des
lemmings qu’ils avaient achetés à des Inuits.
Ils les placèrent alors sur de la neige pour les filmer
sous tous les angles possibles et surtout pour donner l’illusion
d’un mouvement de masse, ils retravaillèrent longtemps
les images obtenues. Finalement les pauvres lemmings furent tout
simplement transportés au sommet d’une falaise et
pour ceux qui se rappellent encore de la scène, on voit
des « masses de lemmings » se jeter d’une hauteur
impressionnante en une sorte du suicide collectif ! On ne sait
pas si Disney lui-même était au courant de ce que
le réalisateur de cette scène (James R. Simon) avait
fait, mais tout était truqué du début à
la fin et il faut admettre que grâce à cette stupidité,
le mythe du suicide collectif des lemmings est admis depuis presque
une cinquantaine d’années. La réalité
est bien différente, mais avant de revenir sur cet aspect,
je vous propose de regarde un peu plus en détail la biologie
de ces rongeurs du Nord bien particuliers.
Les lemmings appartiennent au grand ordre des rongeurs. Cet ordre
qui comprend plus de 1700 espèces se compose de 4 grands
groupes les caviomorphes (cobayes et leurs alliés), les
hytricomorphes (porcs-épics et leurs alliés), les
myomorphes (rats et leurs alliés) et enfin les sciuromorphes
(écureuils et leurs alliés). Cette classification
est encore sujette à discussion, mais elle permet au moins
de mettre un peu d’ordre dans cet ordre très varié.
Les lemmings se retrouvent dans le groupe des myomorphes et plus
particulièrement de la famille des muridae et mais surtout
d la sous-famille des microtinae qui comprend aussi ce que l’on
appelle les campagnols. Cette sous-famille comprend quelque 110
espèces dans la distribution est confinée à
l’hémisphère nord. Les deux particularités
de cette sous-famille sont tout d’abord les effectifs des
espèces en proie à des cycles réguliers d’abondance
puis de rareté, ensuite ces espèces n’hibernent
jamais comme les écureuils terrestres et ne comptent pas
sur des réserves de graisse comme l’ours pour passer
la mauvaise saison. La plupart des campagnols et des lemmings
vivent dans des biotopes recouverts de neige pendant une grande
partie de l’année. Ils parviennent à survivre
grâce à leur aptitude à creuser des tunnels
sous la neige. Pour les espèces localisées très
au nord, le long hiver arctique est une période critique
pour les lemmings, qui, contrairement à de nombreux rongeurs
de la zone tempérée, n'hibernent pas. Il est étonnant
que ces petits animaux à sang chaud puissent demeurer actifs
durant tout l'hiver arctique sans mourir de froid. La petitesse
de leurs appendices (oreilles, pattes et queue) est une adaptation
visant à réduire la perte de chaleur, et leur pelage
est plus épais en hiver qu'en été. À
l'approche de l'hiver, les lemmings construisent à la surface
du sol de gros nids circulaires faits de laîche et d'herbes
finement déchiquetées, qui leur offrent une isolation
supplémentaire lorsqu'ils ne sont pas partis à la
recherche de nourriture. La neige offre une isolation essentielle
aux lemmings, qui s'alimentent dans l'espace subnival («
sous la neige ») formé entre le sol et la neige et
qui ne sortent presque jamais à la surface. Dans l'Extrême
Arctique, sans être exactement chaudes (-25°C), les
températures à l'interface sol neige sont quand
même plus tolérables que celles qui règnent
sur la couche de neige, et cet écart est critique pour
la survie des lemmings (à
suivre)….