ÉTUDE
En Suisse, ce mustélidé se rencontre sur le Plateau
et dans le Jura. Il semble avoir disparu du Tessin et est absent
des Alpes. Une publication récente analyse sa situation
en pays vaudois et propose des mesures pour sa conservation
Le putois appartient à la famille des mustélidés,
qui compte aujourd'hui en Suisse six espèces plus ou moins
bien connues, comme le blaireau, la fouine, la martre, le putois,
l'hermine et la belette, arrangés dans un ordre de taille
décroissante. Avec son corps allongé et ses pattes
courtes, le putois présente une silhouette semblable à
celle de la fouine. Toutefois ses oreilles sont rondes et assez
petites, et sa queue est plus courte et moins fournie que celle
de la martre ou de la fouine. Brun foncé avec un petit
peu de blanc au bout du museau entre les yeux et les oreilles,
le pelage est constitué de poils de jarre relativement
peu denses, qui recouvrent une bourre blanchâtre ou légèrement
jaunâtre. En fait, le pelage peut prendre plusieurs teintes
suivant l'angle sous lequel on le regarde. Néanmoins c'est
grâce au museau, avec sa partie blanche, que vous le reconnaîtrez
et pourrez le distinguer d'une fouine. Le furet, quant à
lui, est une sousespèce de putois d'origine méditerranéenne,
domestiquée il y a un peu moins de 2000 ans pour lutter
contre les rats et pour chasser le lapin de garenne. Mais revenons
au putois. C'est un animal discret dont les observations sont
assez rares. Sa présence peut être remarquée
par ses crottes visibles près des fermes, mais encore faut-il
être un spécialiste des crottes de mustélidés
pour les distinguer de celles des fouines, beaucoup plus abondantes.
En Suisse le putois se rencontre sur le Plateau et dans le Jura,
il semble avoir disparu du Tessin et est absent des Alpes. En
raison de la diminution générale de ses effectifs,
il est protégé par la loi fédérale
sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux
sauvages. Compte tenu de ces éléments, la Conservation
de la faune du canton de Vaud a chargé un bureau d'étude
d'analyser la situation actuelle. Ce sont ces résultats
qui viennent d'être publiés dans le Bulletin de la
Société vaudoise des sciences naturelles (P. Marchesi
et C. Neet, « Le putois dans le canton de Vaud et sa périphérie
»), vol. 88, pp. 31-40, 2002. Dans un premier temps, il
s'est agi de rassembler l'ensemble des observations de putois
grâce aux données du Centre suisse de cartographie
de la faune de Neuchâtel, des enquêtes auprès
des gardes-chasse et des naturalistes confirmés. Ainsi
139 données pour la période de 1956 à 1998
ont pu être analysées. Les auteurs ont constaté
qu'il y a plusieurs zones sans information dans le canton comme
les régions de la Givrine, d'Echallens et de Moudon. En
revanche, d'autres régions semblent plus favorables et
des concentrations se remarquent dans la région de la Versoix,
du Brassus et surtout de la rive sud du lac de Neuchâtel.
C'est d'ailleurs la seule région où le putois semble
se porter assez bien. Autre point intéressant, une majorité
des observations se situent à basse altitude, entre 400
et 600 mètres, et seuls 15% des observations ont eu lieu
au-dessus de 1000 mètres. Le putois semble apprécier
les habitats forestiers ainsi que les milieux marécageux,
mais à l'occasion il ne dédaigne pas les habitations
isolées et même des zones de village où il
trouve refuge en hiver. Malheureusement cette espèce est
souvent repérée par les cadavres sur les routes,
surtout au printemps et à l'automne. Les observations d'animaux
vivants sont excessivement rares. Il ressort que cette espèce
semble peu abondante dans le canton de Vaud et qu'un des facteurs
responsables de cette raréfaction est sans aucun doute
la régression des lieux humides ainsi que la disparition
d'éléments structurants offrant des abris dans le
paysage agricole. On pense même que la disparition des décharges
à ciel ouvert avec ou sans rats pourrait aussi jouer un
rôle. Parmi les mesures proposées pour la conservation
du putois, il est suggéré de prévoir des
caniveaux avec un passage sous route aux endroits où l'on
trouve régulièrement des putois écrasés,
ainsi que de protéger les sites à batraciens avec
de fortes populations de grenouilles et de crapauds, qui constituent
la nourriture de base de ce petit carnivore.