Le putois se promène dans le canton de Vaud (19.01.03)
 

ÉTUDE En Suisse, ce mustélidé se rencontre sur le Plateau et dans le Jura. Il semble avoir disparu du Tessin et est absent des Alpes. Une publication récente analyse sa situation en pays vaudois et propose des mesures pour sa conservation
Le putois appartient à la famille des mustélidés, qui compte aujourd'hui en Suisse six espèces plus ou moins bien connues, comme le blaireau, la fouine, la martre, le putois, l'hermine et la belette, arrangés dans un ordre de taille décroissante. Avec son corps allongé et ses pattes courtes, le putois présente une silhouette semblable à celle de la fouine. Toutefois ses oreilles sont rondes et assez petites, et sa queue est plus courte et moins fournie que celle de la martre ou de la fouine. Brun foncé avec un petit peu de blanc au bout du museau entre les yeux et les oreilles, le pelage est constitué de poils de jarre relativement peu denses, qui recouvrent une bourre blanchâtre ou légèrement jaunâtre. En fait, le pelage peut prendre plusieurs teintes suivant l'angle sous lequel on le regarde. Néanmoins c'est grâce au museau, avec sa partie blanche, que vous le reconnaîtrez et pourrez le distinguer d'une fouine. Le furet, quant à lui, est une sousespèce de putois d'origine méditerranéenne, domestiquée il y a un peu moins de 2000 ans pour lutter contre les rats et pour chasser le lapin de garenne. Mais revenons au putois. C'est un animal discret dont les observations sont assez rares. Sa présence peut être remarquée par ses crottes visibles près des fermes, mais encore faut-il être un spécialiste des crottes de mustélidés pour les distinguer de celles des fouines, beaucoup plus abondantes. En Suisse le putois se rencontre sur le Plateau et dans le Jura, il semble avoir disparu du Tessin et est absent des Alpes. En raison de la diminution générale de ses effectifs, il est protégé par la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages. Compte tenu de ces éléments, la Conservation de la faune du canton de Vaud a chargé un bureau d'étude d'analyser la situation actuelle. Ce sont ces résultats qui viennent d'être publiés dans le Bulletin de la Société vaudoise des sciences naturelles (P. Marchesi et C. Neet, « Le putois dans le canton de Vaud et sa périphérie »), vol. 88, pp. 31-40, 2002. Dans un premier temps, il s'est agi de rassembler l'ensemble des observations de putois grâce aux données du Centre suisse de cartographie de la faune de Neuchâtel, des enquêtes auprès des gardes-chasse et des naturalistes confirmés. Ainsi 139 données pour la période de 1956 à 1998 ont pu être analysées. Les auteurs ont constaté qu'il y a plusieurs zones sans information dans le canton comme les régions de la Givrine, d'Echallens et de Moudon. En revanche, d'autres régions semblent plus favorables et des concentrations se remarquent dans la région de la Versoix, du Brassus et surtout de la rive sud du lac de Neuchâtel. C'est d'ailleurs la seule région où le putois semble se porter assez bien. Autre point intéressant, une majorité des observations se situent à basse altitude, entre 400 et 600 mètres, et seuls 15% des observations ont eu lieu au-dessus de 1000 mètres. Le putois semble apprécier les habitats forestiers ainsi que les milieux marécageux, mais à l'occasion il ne dédaigne pas les habitations isolées et même des zones de village où il trouve refuge en hiver. Malheureusement cette espèce est souvent repérée par les cadavres sur les routes, surtout au printemps et à l'automne. Les observations d'animaux vivants sont excessivement rares. Il ressort que cette espèce semble peu abondante dans le canton de Vaud et qu'un des facteurs responsables de cette raréfaction est sans aucun doute la régression des lieux humides ainsi que la disparition d'éléments structurants offrant des abris dans le paysage agricole. On pense même que la disparition des décharges à ciel ouvert avec ou sans rats pourrait aussi jouer un rôle. Parmi les mesures proposées pour la conservation du putois, il est suggéré de prévoir des caniveaux avec un passage sous route aux endroits où l'on trouve régulièrement des putois écrasés, ainsi que de protéger les sites à batraciens avec de fortes populations de grenouilles et de crapauds, qui constituent la nourriture de base de ce petit carnivore.

 

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  Musée cantonal de zoologie
Le 28.01.2003

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