La malaria nous rapproche du gorille! (04.11.2010)
 

Une recherche assez étonnante vient d’être publiée dans la célèbre revue anglaise Nature dans le courant du mois de septembre. Un groupe de chercheurs a montré que l’un des parasites responsables de la malaria, le Plasmodium falciparum aurait démarré chez notre cousin le gorille. Rappelons quelques faits à propos de la malaria. Ce sont des moustiques du genre Anopheles qui sont responsables de la transmission d’un parasite, en fait un protozoaire, du genre Plasmodium. Il existe plusieurs espèces de Plasmodium, le plus dangereux étant le Plasmodium falciparum, responsable de très nombreux décès. La cause de la maladie a été découverte le 6 novembre 1880 à l'hôpital militaire de Constantine (Algérie) par un médecin de l'armée française, Alphonse Laveran, qui reçut le prix Nobel en 1907. C'est en 1897 que le médecin anglais Ronald Ross (prix Nobel en 1902) prouva que les moustiques anophèles étaient les vecteurs de la malaria. Jusqu'à cette date, le mauvais air émanant des marécages était tenu responsable de la propagation de la maladie. Avec plusieurs centaines de millions de personnes malades chaque année et entre un et trois millions de décès par an, le paludisme demeure la parasitose la plus importante et concerne majoritairement les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. 80 % des cas sont enregistrés en Afrique subsaharienne.
C’est à l’aide d’une nouvelle technique de séquençage de l’ADN, que l’on appelle génome amplification, que les scientifiques viennent de montrer la concordance quasiment parfaite entre les parasites du gorille et ceux qui infectent les humains. De plus, leurs recherches ont montré que ce sont les gorilles qui ont contaminé les humains et non l’inverse. Mais ce n’est pas tout : les gorilles constituent sans doute le réservoir animal du parasite. En analysant plus de 2700 crottes de chimpanzés et gorilles collectés sur plus de 57 sites à travers l’Afrique, technique non invasive qui n’a pas perturbé ces espèces déjà fortement menacées, on a pu constater que le Plasmodium affecte plus de la moitié des gorilles de l’Afrique de l’Ouest. Les conséquences de cette découverte ne vont pas dans le sens de l’éradication de la malaria en Afrique. En effet, les contacts hommes/singes sont plutôt en augmentation, notamment à cause de la déforestation et des mouvements de populations qui suivent. Pour le moustique, le transfert du parasite entre les deux espèces en est donc facilité.

 
  Musée cantonal de zoologie
Le 10.01.2011

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