Du nouveau chez les tortues luth (10.01.2011)
 

Avec la réouverture de l’aile sud du musée de zoologie, les visiteurs ont à nouveau la possibilité de voir notre tortue luth. Celle-ci a participé au tournage du film de Jacques Perrin Océans puis a été emballée pendant 8 mois de travaux. Ce spécimen fait partie de la plus grande espèce de tortues. C’est aussi la seule qui possède une pseudo carapace recouverte d’une peau lisse et brillante qui fait penser à du cuir. Cette caractéristique lui a valu son nom anglais de « tortue de cuir ». Sous cette peau, la pseudo carapace est formée d’un tissu riche en cellules adipeuses, où sont inclus des nodules osseux en forme d’étoile. Le corps se termine par un long éperon qui a contribué à développer la ressemblance entre l’animal et l’instrument de musique des Grecs et à justifier son nom vernaculaire français.
Cette espèce possède une très large distribution dans les mers et océans de notre planète. Si elle préfère les eaux tempérées, elle supporte aussi très bien les eaux beaucoup plus froides. Malheureusement sa survie est aujourd’hui fortement menacée. Elle est classée par l’IUCN dans la catégorie des animaux en danger critique d’extinction. Préférant les grands fonds aux zones côtières, la tortue luth se nourrit de méduses, mais elle consomme aussi des poissons, des oursins des calmars, des crustacés et des mollusques. L’une des causes majeures de sa disparition est son appétit pour les méduses qui lui est parfois fatal, car elle avale très souvent des sacs en plastique et meurt par occlusion gastrique ou intestinale. Ceci s’ajoutant aux trop nombreuses prises dans les grands filets dérivants.
Pour essayer d’enrayer ce carnage, il est assez fondamental de comprendre aussi les déplacements de cette espèce notamment dans l’océan Atlantique Sud. Des chercheurs anglais ont ainsi équipés 25 tortues d’émetteurs satellites. Ces femelles ont été équipées sur les plages du Gabon alors qu’elles venaient y pondre. Les suivis ont duré en moyenne 154 jours et les chercheurs ont découverts qu’il y avait trois migrations assez différentes. Une quinzaine de tortues se sont déplacées dans les eaux équatoriales de l’Atlantique tandis que deux individus longeaient les côtes de l’Afrique plus au Sud. Les autres ont traversé l’Atlantique pour atteindre les côtes de l’Amérique du Sud après un voyage de plus de 5000 km. Pour l’instant on ne comprend pas encore tous ces déplacements, mais il semble que le facteur alimentaire soit prépondérant et il serait lié à la quantité en chlorophylle des eaux de surface. On peut espérer que ces recherches vont permettre de sensibiliser tous les acteurs responsables de la disparition de ces populations. Pour éviter d’allonger la liste des espèces disparues et que les tortues luth ne se rencontrent plus que dans les musées !


  Musée cantonal de zoologie
Le 10.01.2011

Lausanne Palais de Rumine
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