La
processionnaire du chêne est présente en Suisse,
principalement dans les régions chaudes, discrète,
elle peut devenir assez ennuyeuse
Il existe
deux espèces de chenilles processionnaires en Suisse, d’une
part la processionnaire du pin et la processionnaire du chêne.
Ces deux espèces font partie de la famille des Thaumetopoeidés.
Cette famille comprend quelques 80 à 100 espèces
dans l’Ancien Monde et environ 5 en Europe. Suivant les
régions en Europe, ces espèces aux chenilles processionnaires
sont considérées comme des ravageurs forestiers
importants. Les papillons sont actifs de nuit et leur couleur
grisâtre les rend assez discrets. Ils ne se nourrissent
pas au stade adulte et vivent sur leurs réserves, le temps
de se reproduire. D’ailleurs les femelles pondent l’ensemble
de leurs oeufs dans les nuits qui suivent leur émergence.
Les papillons, nocturnes, volent au cours de l’été,
de fin juillet à fin-août selon les régions.
Après l’accouplement, les femelles déposent
leurs pontes sur de fines branches, au sommet des arbres bien
dégagés. Chaque ponte (100 à 200 œufs)
est formée de rangées juxtaposées d’œufs
qui n’écloront qu’au printemps suivant. L’éclosion
des œufs a lieu courant avril, en général au
moment du débourrement des chênes. Les chenilles
se dirigent en procession de nuit vers les extrémités
des rameaux où elles s’alimentent aux dépens
des jeunes feuilles. La journée, elles se reposent dans
un nid de soie fixé au tronc ou aux branches En général
une défoliation, même totale, ne provoque pas directement
la mort des arbres atteints. Cependant, après de fortes
défoliations répétées sur plusieurs
années ou en présence d’importants facteurs
complémentaires de stress, l’affaiblissement des
chênes pourrait parfois conduire à des dépérissements
avec attaques par des ravageurs secondaires ou des pathogènes.
Le principal risque concerne l’homme : la présence
des chenilles dans les secteurs fréquentés (travaux
forestiers, zones urbaines, sites touristiques) peut provoquer
en effet des démangeaisons assez sérieuses et chez
certaines personnes sensibles des réactions allergiques
qui peuvent être très sérieuses. Les chenilles
portent de longs poils « d’ornementation » blancs
et soyeux, qui leur donnent un reflet gris argenté à
contre-jour. Une observation attentive montre en outre l’existence
de petites poches qui apparaissent à partir du troisième
stade larvaire et qui sont situées sur la faxe dorsale
des segments abdominaux. Au fond de ces poches, que la chenille
peut ouvrir lorsqu’elle est inquiétée, se
forment des milliers de poils microscopiques (100 à 250
microns), hérissés de barbilles comme des harpons.
Une chenille, au dernier stade peut contenir quelque 600'000 poils.
Seuls ces minuscules poils sont urticants. Ils contiennent dans
un petit canal intérieur fermé une protéine
urticante, la « thaumétopoéfine », qui
est sécrétée par des glandes sous-épidermiques.
Ces poils très légers peuvent être emportés
par le vent et se ficher dans la peau ou les muqueuses. Par frottement
ils se cassent, la libération du venin provoquant des démangeaisons
très vives. Le zones de transpiration et les muqueuses,
naturellement humides, sont les plus touchées (bouche,
aisselles, yeux, etc.).
Lors des contacts directs avec les nids et les chenilles, ce sont
des milliers de poils urticants qui peuvent être mis en
mouvement et provoquer des troubles graves (oedèmes, accidents
oculaires, vertiges, etc.), nécessitant le recours à
un médecin (prise de médicaments antihistaminiques).
D’ailleurs fin juin le service des Forêts, de la Protection
de la nature et du Paysage du canton de Genève a mis en
garde contre les poils urticants de ces chenilles qui peuvent
aussi se trouver en masse au pied des arbres attaqués.
De fortes pluies vont réduire les risques d’irritation
cutanée. Depuis 2003 on constate une expansion des populations
dans le nord-est de la France (Lorraine) où plusieurs milliers
d’hectares ont été touchés, ce qui
n’est pas le cas en Suisse, malgré quelques nouveaux
foyers découverts ces dernières années.