Des papillons qui jouent les exotiques en robe de soirée (10.08.03)
 

Les syntomidés sont des papillons tropicaux, mais certaines espèces ont été rencontrées en Suisse sans avoir besoin du réchauffement global
Les syntomidés sont des papillons que l’on rencontre avant tout sous les tropiques et dans les régions subtropicales. Pourtant l’Europe centrale compte 5 espèces dont la forme rappellent fortement celle des zygènes, vous savez ces petits papillons rouges et noirs que l’on rencontre un peut partout à cette époque dans des prairies naturelles. L’une des particularités des espèces tropicales de syntomidés est le fait d’imiter un certain nombre d’espèces de guêpes tropicales poussant le perfectionnisme jusqu’à posséder un faux aiguillon et une taille de guêpe.
Les chenilles de différentes espèce de syntomidés sécrètent des substances répuslives pour les oiseaux. Lorsque ces chenilles sont dérangées, elles émettent ces gouttes au bout de grandes verrues velues de la face dorsale. Des expériences réalisées avec des étourneaux ont montré que les oiseaux évitaient déjà les chenilles après une seule tentative de consommation. Autant vous dire que c’est un système de défense efficace.
D’une manière générale les ailes des adultes forment un large triangle, alors que les postérieures sont particulièrement petites et ovales. Les espèces européennes possèdent soit des ailes brun clair avec des taches blanches soit alors des ailes d’un très beau bleu noir métallique avec des petites taches blanches. Ces espèces là portent encore deux anneaux jaunes sur l’abdomen. Reconnaissez-le, c’est plutôt exotique. Les individus volent de jour avec un vol plutôt bourdonnant et assez particulier, à première vue ils semblent dépenser beaucoup d’énergie pour une efficacité réduite.
L’espèce que j’aimerais vous présenter aujourd’hui s’appelle Syntomis phegea et ne possède pas de nom vernaculaire en français. On la rencontre du sud-ouest de l’Europe jusqu’à la région de la mer Noire et de l’Ukraine. En Suisse, nous rencontrons cette espèce au Tessin, en Valais et dans le Val Poschiavo. Le spécimen que vous pouvez voir sur la photo a justement été photographié au Val Poschiavo il y a peu de temps. De plus vu le nombre d’individus rencontrés à cette occasion, on peut penser que l’espèce n’est pas menacée.
D’une envergure de 3 à 4 cm, ces papillons sont tout à fait reconnaissables à cause du fond noir de l’aile avec cet éclat bleuâtre si caractéristique. On ne connaît pas encore très bien la biologie de cette espèce et l’on suppose que la femelle pond ses œufs sur différentes plantes basses. Juste après l’éclosion la chenille est grise, puis elle atteindra une taille de 3 cm en devenant noire avec des touffes de poils caractéristiques. Les chenilles sont fréquemment trouvées sur les murs en pierres naturelles, ou vers des amas de pierres naturelles. De plus cette espèce se rencontre aussi souvent en lisière de forêt ou dans des forêts avec de petites clairières ou des trouées. Pour se nymphoser la chenille s’arrache les poils et les incorpore à la toile tissée qu’elle confectionne pour l’occasion. Cette opération se déroule au sol, sous les feuilles ou sous des pierres. Les adultes butinent les fleurs et semblent avoir un faible pour les fleures de reines de bois, mais on les rencontre aussi sur les scabieuses, les centaurées et même l’arbre à papillon (buddléia).
Il n’y a qu’une génération par année, les premiers papillons sont présents au début juin déjà dans le sud du Tessin, parfois dès la fin du mois de mai. La période principale de vol s’étend de fin juin à début août, ce qui signifie que ce sont les chenilles qui passent l’hiver.

 

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  Musée cantonal de zoologie
Le 25.08.2003

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