Les
petits carnivores comme la belette, le putois, la martre, ne sont
pas si faciles à observer mais on s’en occupe.
Les mustélidés
comprennent à la fois des espèces essentiellement
carnivores comme la martre, la fouine, l’hermine et la belette
et d’autres nettement omnivores comme le blaireau. La belette
est le plus petit des carnivores actuels. Sa taille varie suivant
les régions de 13 à 29 cm de long pour un poids
de 30 à 250 g. Les plus grandes se trouvent dans les régions
méditerranéennes, les plus petites, dont certaines
ne dépassent pas la taille d’une souris se rencontrent
dans les parties orientales et septentrionales de leur aire de
répartition. Les mustélidés n’ont pas
une très bonne réputation qui leur vient notamment
de leur goût pour la chair et le sang, mais aussi pour leurs
dégâts sur les voitures ou dans les habitations provoqués
par la fouine. Mais la fouine n’est pas uniquement présente
dans les zones habitées. Si ses populations ont fortement
augmenté dans les années 1960, aujourd’hui
on a plutôt l’impression que dans certaines régions
elles seraient en recul.
Pour connaître
un peu plus en détail les effectifs des populations de
ces petits carnivores la Société suisse de biologie
de la faune (SSBF) coordonne le projet « faune concept »
qui est le bio-monitoring de ces espèces en Suisse. La
SSBF est une organisation scientifique suisse qui s'occupe de
la protection et de la recherche concernant les animaux sauvages
(mammifères et oiseaux), ainsi que les relations avec le
milieu dans lequel ils vivent. Fondée en 1980, cette société,
membre de l’Académie suisse des sciences naturelles
compte 280 membres. Le projet de bio-monitoring des petits carnivores
(petits mustélidés, chat sauvage, raton laveur)
est un mandat de l'OFEFP confié à la Société
Suisse de Biologie de la Faune (SSBF). Par bio-monitoring on entend
la collecte de données quantitatives permettant d'accéder
à une vision qualitative de leur évolution et de
leur répartition. Le but est d'obtenir un instrument, pour
ces espèces dont les effectifs sont mal connus, qui permette
l'actualisation des Listes Rouges, l'apport de données
au projet MBD-Suisse (monitoring de la biodiversité) et
la réflexion sur leur gestion (chasse, lutte ou protection
?).
Une part importante
du travail est la récolte des données auprès
des naturalistes et des services. Le mandat est réalisé
sur tout le territoire suisse durant une période de 3 ans.
L’une des méthodes utilisées pour repérer
la présence de l’une ou l’autre de ces espèces
est la bonne vieille méthode des trappeurs. Cette méthode
ancestrale consiste à chercher systématiquement
des traces dans la neige et à essayer sur la base de ces
découvertes, d’estimer les effectifs dans un territoire
donné. Evidemment lorsqu’il n’y a pas de neige
on peut recourir à la « caméra cachée
» que l’on pose sur un passage à faune et un
capteur infrarouge déclenche la prise de vue. Si l’on
utilise plusieurs appareils dans une région donnée
pendant de longues périodes, les informations récoltées
sont riches et utiles. Mais il existe aussi la méthode
des pièges à traces comme méthode alternative.
Il s’agit de petits tunnels de 120 cm de long et de 18 cm
de haut, munis d’un tampon encreur. Lorsque les petits carnivores
le traversent, ce qu’ils font, semble-t-il assez volontiers
car cela représente un abri, ils déposent des traces
facilement identifiables sur un papier qu’il ne restera
plus qu’à relever régulièrement et
interpréter.
Parmi les
tendances actuelles on peut relever que la martre, présente
dans toute la Suisse, n’a pas de très grands effectifs.
Certains indices signalent un recul sur le plateau suisse. Ainsi
il y a quelques années en Argovie on enregistrait 15 à
25 victimes de la route par an, alors qu’aujourd’hui
ce chiffre a diminué de moitié. Autre exemple, le
putois, qui était un hôte classique des fermes en
hiver, a diminué parce que ses proies favorites comme la
grenouille rousse et le crapaud commun ont aussi fortement diminué.
Les données recueillies dans le cadre de ce programme,
permettront d’avoir une idée plus concrète
de l’effectif des populations de ces petits carnivores.