Des mammifères peu visibles (13.06.04)
 

Les petits carnivores comme la belette, le putois, la martre, ne sont pas si faciles à observer mais on s’en occupe.

Les mustélidés comprennent à la fois des espèces essentiellement carnivores comme la martre, la fouine, l’hermine et la belette et d’autres nettement omnivores comme le blaireau. La belette est le plus petit des carnivores actuels. Sa taille varie suivant les régions de 13 à 29 cm de long pour un poids de 30 à 250 g. Les plus grandes se trouvent dans les régions méditerranéennes, les plus petites, dont certaines ne dépassent pas la taille d’une souris se rencontrent dans les parties orientales et septentrionales de leur aire de répartition. Les mustélidés n’ont pas une très bonne réputation qui leur vient notamment de leur goût pour la chair et le sang, mais aussi pour leurs dégâts sur les voitures ou dans les habitations provoqués par la fouine. Mais la fouine n’est pas uniquement présente dans les zones habitées. Si ses populations ont fortement augmenté dans les années 1960, aujourd’hui on a plutôt l’impression que dans certaines régions elles seraient en recul.

Pour connaître un peu plus en détail les effectifs des populations de ces petits carnivores la Société suisse de biologie de la faune (SSBF) coordonne le projet « faune concept » qui est le bio-monitoring de ces espèces en Suisse. La SSBF est une organisation scientifique suisse qui s'occupe de la protection et de la recherche concernant les animaux sauvages (mammifères et oiseaux), ainsi que les relations avec le milieu dans lequel ils vivent. Fondée en 1980, cette société, membre de l’Académie suisse des sciences naturelles compte 280 membres. Le projet de bio-monitoring des petits carnivores (petits mustélidés, chat sauvage, raton laveur) est un mandat de l'OFEFP confié à la Société Suisse de Biologie de la Faune (SSBF). Par bio-monitoring on entend la collecte de données quantitatives permettant d'accéder à une vision qualitative de leur évolution et de leur répartition. Le but est d'obtenir un instrument, pour ces espèces dont les effectifs sont mal connus, qui permette l'actualisation des Listes Rouges, l'apport de données au projet MBD-Suisse (monitoring de la biodiversité) et la réflexion sur leur gestion (chasse, lutte ou protection ?).

Une part importante du travail est la récolte des données auprès des naturalistes et des services. Le mandat est réalisé sur tout le territoire suisse durant une période de 3 ans. L’une des méthodes utilisées pour repérer la présence de l’une ou l’autre de ces espèces est la bonne vieille méthode des trappeurs. Cette méthode ancestrale consiste à chercher systématiquement des traces dans la neige et à essayer sur la base de ces découvertes, d’estimer les effectifs dans un territoire donné. Evidemment lorsqu’il n’y a pas de neige on peut recourir à la « caméra cachée » que l’on pose sur un passage à faune et un capteur infrarouge déclenche la prise de vue. Si l’on utilise plusieurs appareils dans une région donnée pendant de longues périodes, les informations récoltées sont riches et utiles. Mais il existe aussi la méthode des pièges à traces comme méthode alternative. Il s’agit de petits tunnels de 120 cm de long et de 18 cm de haut, munis d’un tampon encreur. Lorsque les petits carnivores le traversent, ce qu’ils font, semble-t-il assez volontiers car cela représente un abri, ils déposent des traces facilement identifiables sur un papier qu’il ne restera plus qu’à relever régulièrement et interpréter.

Parmi les tendances actuelles on peut relever que la martre, présente dans toute la Suisse, n’a pas de très grands effectifs. Certains indices signalent un recul sur le plateau suisse. Ainsi il y a quelques années en Argovie on enregistrait 15 à 25 victimes de la route par an, alors qu’aujourd’hui ce chiffre a diminué de moitié. Autre exemple, le putois, qui était un hôte classique des fermes en hiver, a diminué parce que ses proies favorites comme la grenouille rousse et le crapaud commun ont aussi fortement diminué. Les données recueillies dans le cadre de ce programme, permettront d’avoir une idée plus concrète de l’effectif des populations de ces petits carnivores.

 

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  Musée cantonal de zoologie
Le 23.06.2004

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