Le balanin des noisettes (20.07.08)
 

Un petit coléoptère avec une tête pas possible qui s’installe dans les noisettes

Ce petit coléoptère appartient à la famille des Curcurlionidés ou plus simplement dit, des charançons. Il existe plusieurs espèces, dont le balanin des noisettes, celui des glands et celui des châtaignes. L’une des caractéristiques très marquées de ces espèces est la présence d’un rostre, quasi démesuré, aussi long que le corps, parfois même plus suivant l’espèce. Au bout de ce rostre, se trouvent les pièces buccales. Malgré cette sorte de handicap, les balanins volent plutôt bien et selon certains entomologistes, ils sont attirés par la lumière.

Ces adultes se nourrissent du feuillage, des tiges de très nombreuses espèces végétales et arbustives. Une fois nourris, mâles et femelles se retrouvent pour des accouplements répétés. La ponte suit, assez souvent, directement l’accouplement. Les œufs sont déposés au sein même des noisettes, glands et châtaignes. En principe, la femelle ne dépose en qu’un œuf par fruit (parfois deux dans les glands et les châtaignes). Cela signifie un énorme travail pour préalablement percer, perforer les enveloppes parfois assez solides des noisettes (je vous l’accord c’est plus facile pour les glands et les châtaignes). Ceci se fait par une utilisation du rostre comme perforatrice moyennant de la patience. L’œuf sera littéralement poussé à l’intérieur. La petite larve qui en sortira pourra alors se nourrir avec délectation de la chair tendre du fruit. Le développement est plutôt rapide, puisque le tout est bouclé en quelques semaines. D’ailleurs, tout est bien synchronisé, puisque lorsque la larve atteint son dernier stade, elle a vidé quasiment toue la noisette. Dans le cas de la châtaigne, il restera encore de quoi partager. La nymphose s’effectue dans le sol et la larve doit percer la coque du fruit pour s’extraire non sans mal, le trou de sortie étant, selon mon expérience, plutôt petit en regard de la corpulence de la larve. Si la noisette est toujours accrochée, la larve fera un saut, parfois de plusieurs mètres, sinon elle sortir lorsque la noisette est déjà tombée.

Même s’il nous faut patienter encore quelques semaines pour déguster ces fruits d’automne, sachez que la présence d’un hôte est la garantie qu’ils n’ont subi aucun traitement !

 

une rubrique publiée par

  Musée cantonal de zoologie
Le 29.07.2008

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