L’accenteur alpin, un habitué des hautes montagnes (26.01.03)
 

Habitant des hautes montagnes, l’Accenteur alpin se rencontre dans les Préalpes et les Alpes jusqu’à 3000 m d’altitude.

Si vous rencontrez un oiseau ressemblant à une alouette, en plein hiver et en montagne, ne vous inquiétez pas, il s’agit de l’accenteur alpin. De la taille d’une alouette, l’accenteur alpin a le dessus gris-brun strié, les flancs flammés de roux ou de marron, la poitrine grisâtre, le menton et la gorge blanchâtre tachetés de noir. Il mesure 18 cm de longueur pour un poids variant entre 25 et 35 g. Véritable oiseau alpin, il occupe une très grande aire de répartition qui s’étend à travers toute l’Eurasie, du Grand Atlas marocain au Japon en passant par l’Hymalaya.
En Suisse il est largement répandu dans les Alpes et les Préalpes, au sud d’une ligne passant par le Grammont, le Moléson, les Mythen et le Säntis. Grâce aux nombreuses observations des ornithologues, on n’a repéré à ce jour qu’une seule et unique reproduction dans le Jura. C’était au Creux du Van en 1980.
Cette espèce colonise avant tout les régions situées en dessus de la limite des forêts entre 1800 et 3000 m, après la nidification il s’aventure parfois plus haut et on l’a même observé au Weisshorn à 4350 m d’altitude ! Il recherche surtout les terrains rocheux et bien accidentés, les grandes pelouses alpines ainsi que les pentes parsemées de blocs et d’éboulis. Il se nourrit dans les gazons alpins richement fleuris. Durant la belle saison il recherche surtout les insectes comme les papillons et leurs chenilles, les mouches les coléoptères ainsi que les araignées et de petits mollusques. Pour dénicher ses proies il va aussi se promener sur les névés où se trouvent bon nombre d’insectes emportés par le vent et engourdis par les températures fraîches. Il aime aussi bien les bords de neige fondante. A l’approche de l’automne, les éléments végétaux deviennent plus importants et permettent à cet oiseau assez résistant de subsister en hiver, même en montagne. Il se mettra alors à rechercher toutes sortes de graines, de baies ou même de petites feuilles. En cas de couverture neigeuse trop abondante il se rapprochera des habitations pour se régaler de graines ou de miettes. Si les conditions deviennent vraiment trop difficiles on le rencontrera alors dans les gravières et les carrières de plaine pendant quelque temps avant de repartir vers la montagne.
Cette espèce niche assez souvent en petits groupes de 5 à 10 individus. En général les pontes démarrent au mois de mai dans les zones les plus basses et s’étalent jusqu’au mois de juin suivant l’altitude. Le nid constitué d’herbes sèches, de lichens et de mousse est souvent abrité dans une crevasse ou une cavité de rochers, voire parfois sous une touffe de rhododendron, mais toujours protégé du vent et de la pluie. La ponte compte de 3 à 5 œufs. Après une durée d’incubation de 13 à 14 jours, les jeunes quittent le nid après 16 jours de nourrissage et bien que ne sachant pas encore voler ils se cachent parmi les pierres et resteront en famille jusqu’au mois d’août. Une partie de la population hiberne chez nous à plus basses altitudes tandis qu’une partie des oiseaux va hiverner en région méditerranéenne. Les effectifs en Suisse sont estimés à15’000 à 20'000 couples et cette espèce n’est pas menacée.
Son cousin, l’accenteur mouchet est extrêmement répandu en Suisse à quelques exceptions, mais c’est un oiseau forestier, très discret qui a la taille d’un moineau mais que l’on pourrait aussi confondre avec une fauvette à cause de son bec fin et pointu.

 

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