Habitant
des hautes montagnes, l’Accenteur alpin se rencontre dans
les Préalpes et les Alpes jusqu’à 3000 m d’altitude.
Si vous rencontrez
un oiseau ressemblant à une alouette, en plein hiver et
en montagne, ne vous inquiétez pas, il s’agit de
l’accenteur alpin. De la taille d’une alouette, l’accenteur
alpin a le dessus gris-brun strié, les flancs flammés
de roux ou de marron, la poitrine grisâtre, le menton et
la gorge blanchâtre tachetés de noir. Il mesure 18
cm de longueur pour un poids variant entre 25 et 35 g. Véritable
oiseau alpin, il occupe une très grande aire de répartition
qui s’étend à travers toute l’Eurasie,
du Grand Atlas marocain au Japon en passant par l’Hymalaya.
En Suisse il est largement répandu dans les Alpes et les
Préalpes, au sud d’une ligne passant par le Grammont,
le Moléson, les Mythen et le Säntis. Grâce aux
nombreuses observations des ornithologues, on n’a repéré
à ce jour qu’une seule et unique reproduction dans
le Jura. C’était au Creux du Van en 1980.
Cette espèce colonise avant tout les régions situées
en dessus de la limite des forêts entre 1800 et 3000 m,
après la nidification il s’aventure parfois plus
haut et on l’a même observé au Weisshorn à
4350 m d’altitude ! Il recherche surtout les terrains rocheux
et bien accidentés, les grandes pelouses alpines ainsi
que les pentes parsemées de blocs et d’éboulis.
Il se nourrit dans les gazons alpins richement fleuris. Durant
la belle saison il recherche surtout les insectes comme les papillons
et leurs chenilles, les mouches les coléoptères
ainsi que les araignées et de petits mollusques. Pour dénicher
ses proies il va aussi se promener sur les névés
où se trouvent bon nombre d’insectes emportés
par le vent et engourdis par les températures fraîches.
Il aime aussi bien les bords de neige fondante. A l’approche
de l’automne, les éléments végétaux
deviennent plus importants et permettent à cet oiseau assez
résistant de subsister en hiver, même en montagne.
Il se mettra alors à rechercher toutes sortes de graines,
de baies ou même de petites feuilles. En cas de couverture
neigeuse trop abondante il se rapprochera des habitations pour
se régaler de graines ou de miettes. Si les conditions
deviennent vraiment trop difficiles on le rencontrera alors dans
les gravières et les carrières de plaine pendant
quelque temps avant de repartir vers la montagne.
Cette espèce niche assez souvent en petits groupes de 5
à 10 individus. En général les pontes démarrent
au mois de mai dans les zones les plus basses et s’étalent
jusqu’au mois de juin suivant l’altitude. Le nid constitué
d’herbes sèches, de lichens et de mousse est souvent
abrité dans une crevasse ou une cavité de rochers,
voire parfois sous une touffe de rhododendron, mais toujours protégé
du vent et de la pluie. La ponte compte de 3 à 5 œufs.
Après une durée d’incubation de 13 à
14 jours, les jeunes quittent le nid après 16 jours de
nourrissage et bien que ne sachant pas encore voler ils se cachent
parmi les pierres et resteront en famille jusqu’au mois
d’août. Une partie de la population hiberne chez nous
à plus basses altitudes tandis qu’une partie des
oiseaux va hiverner en région méditerranéenne.
Les effectifs en Suisse sont estimés à15’000
à 20'000 couples et cette espèce n’est pas
menacée.
Son cousin, l’accenteur mouchet est extrêmement répandu
en Suisse à quelques exceptions, mais c’est un oiseau
forestier, très discret qui a la taille d’un moineau
mais que l’on pourrait aussi confondre avec une fauvette
à cause de son bec fin et pointu.