Une
recherche assez étonnante vient d’être publiée
dans la célèbre revue anglaise Nature
dans le courant du mois de septembre. Un groupe de chercheurs
a montré que l’un des parasites responsables de la
malaria, le Plasmodium falciparum aurait démarré
chez notre cousin le gorille. Rappelons quelques faits à
propos de la malaria. Ce sont des moustiques du genre Anopheles
qui sont responsables de la transmission d’un parasite,
en fait un protozoaire, du genre Plasmodium. Il existe
plusieurs espèces de Plasmodium, le plus dangereux
étant le Plasmodium falciparum, responsable de
très nombreux décès. La cause de la maladie
a été découverte le 6 novembre 1880 à
l'hôpital militaire de Constantine (Algérie) par
un médecin de l'armée française, Alphonse
Laveran, qui reçut le prix Nobel en 1907. C'est en 1897
que le médecin anglais Ronald Ross (prix Nobel en 1902)
prouva que les moustiques anophèles étaient les
vecteurs de la malaria. Jusqu'à cette date, le mauvais
air émanant des marécages était tenu responsable
de la propagation de la maladie. Avec plusieurs centaines de millions
de personnes malades chaque année et entre un et trois
millions de décès par an, le paludisme demeure la
parasitose la plus importante et concerne majoritairement les
enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. 80 % des
cas sont enregistrés en Afrique subsaharienne.
C’est à l’aide d’une nouvelle technique
de séquençage de l’ADN, que l’on appelle
génome amplification, que les scientifiques viennent de
montrer la concordance quasiment parfaite entre les parasites
du gorille et ceux qui infectent les humains. De plus, leurs recherches
ont montré que ce sont les gorilles qui ont contaminé
les humains et non l’inverse. Mais ce n’est pas tout
: les gorilles constituent sans doute le réservoir animal
du parasite. En analysant plus de 2700 crottes de chimpanzés
et gorilles collectés sur plus de 57 sites à travers
l’Afrique, technique non invasive qui n’a pas perturbé
ces espèces déjà fortement menacées,
on a pu constater que le Plasmodium affecte plus de la
moitié des gorilles de l’Afrique de l’Ouest.
Les conséquences de cette découverte ne vont pas
dans le sens de l’éradication de la malaria en Afrique.
En effet, les contacts hommes/singes sont plutôt en augmentation,
notamment à cause de la déforestation et des mouvements
de populations qui suivent. Pour le moustique, le transfert du
parasite entre les deux espèces en est donc facilité.