Des
animaux venus d'ailleurs, mais pas de si loin... des animaux extraordinaires,
mais pourtant réalistes... Ils sont faits de fil de fer, de papier
collé, de bois ou de plastic. Ils se nomment Elastover, Esturioplante
ou Serpent-colonie! Autant d'animaux imaginés et construits par
une trentaine d'étudiants de l'ENAC (Environnement naturel architectural
et construit) de l'EPFL exposés au public pour la première
fois.
Le Musée de zoologie présente dans ses galeries des animaux
de la faune mondiale et régionale. Avec la cryptozoologie, il
aborde le domaine des animaux non encore découverts. Grâce
au Bestiaire improbable, il expose des animaux inventés à
partir de critères cohérents. Evidemment, le murielle
n'existe pas. Pourtant, il le pourrait. A preuve, l'explication qui
accompagne la créature: "Les murielles vivent dans les murs
en pierre sèche de nos campagnes. Atteignant 35 cm (3,2 kg),
ils se cachent parmi les pierres avec lesquelles ils se confondent,
par un mimétisme parfait." Et les étudiants ont tout
prévu, du mode de reproduction à la nourriture en passant
par le moyen de déplacement.
Les
animaux du Bestiaire improbable sont placés dans un contexte
réaliste, singeant parfois les signalements offerts par un musée.
Ils prêtent à sourire, bien sûr, tout en réfléchissant
les problèmes de notre société actuelle. Prenez
le grand gumilier. Cet équivalent africain du fourmilier géant
d'Amérique, par adaptation à l'homme, est devenu très
friand de chewing-gums. Aussi, il est couramment utilisé par
le "biological urban cleaning program" de nombreuses grandes
villes.
Exposé dans les galeries, le Bestiaire improbable éclipse
pour un temps quelques pièces des collections.
Texte
d'Emmanuelle Ryser, Musée de Zoologie.
© photos
Michel Kraft, Musée de Zoologie
Articles parus dans la presse: Cahier week-end du 24 heures du 11 novembre
2004, La Liberté: le courrier du 30 octobre 2004