 |
Généralités
 |
Les
Ephéméroptères (ou éphémères)
sont des insectes dont la vie n'est pas si
éphémère
que ça. Les larves sont strictement inféodées
aux eaux douces; la grande majorité vit dans les eaux courantes.
Le développement complet de l'éclosion de l'uf
à la sortie de l'eau dure de quelques semaines à près
de 3 ans.
Une
fois mature, la larve va sortir de l'eau et donner naissance à
un individu ailé : le subimago. Ce stade est unique au sein
des insectes actuels et correspond à celui d'une larve ailée.
Ce subimago va s'envoler et rejoindre au plus vite la végétation
riveraine où il va simplement attendre la fin de son développement.
Après quelques heures, voire quelques jours, il va muer et
donner naissance à un imago apte à se reproduire.
A
partir de ce moment, les choses vont aller très vite pour
lui : les mâles vont entamer une danse nuptiale pour attirer
les femelles. Celles-ci une fois fécondées vont retourner
vers l'eau pour pondre rapidement leurs ufs, puis mourir.
Ce sont ces quelques heures de vie adulte qui leur ont valu leur
nom d'éphémères, mais leur développement
dure le plus souvent un an dans notre pays.
Les éphémères constituent un maillon vital
de la vie des cours d'eau. Leurs larves décomposent la matière
organique (feuilles mortes, algues) et contribuent donc au recyclage
du carbone. Elles sont la proie d'autres insectes aquatiques (Plécoptères
et Trichoptères) et surtout des poissons nobles comme les
truites. Là où il n'y a pas d'éphémères,
il n'y a pas de truites ! C'est pourquoi ces insectes sont considérés
comme de bons bioindicateurs de l'état sanitaire des rivières. |
femelle
de Rhithrogena grischuna, espèce décrite
du Haut-Rhin (Grisons) |
On
a recensé à ce jour 85 espèces d'éphémères
en Suisse et un peu plus de 3'000 dans le monde. Mais beaucoup d'espèces
restent à découvrir, principalement dans les régions
tropicales.
Il y a plus de 50 ans...
|

Larves
de Callistina panda, un éphémère de
Madagascar qui vient d'être décrit
|
|
L'étude
des insectes aquatiques au Musée de zoologie remonte à
plus de 50 ans. C'est Jacques Aubert (1916-1995)
qui, le premier, a consacré la plus grande partie de ses
recherches à l'étude des Plécoptères.
Pendant plus de 40 ans, il va sillonner les routes de Suisse pour
commencer, puis celles de France, d'Espagne, du Portugal de Grèce
et d'Italie afin de récolter son matériel de prédilection.
A
la même époque, Fernand Schmid se
consacre à l'étude des Trichoptères. Sa passion
pour ces insectes aquatiques va l'emmener dans des contrées
lointaines : le Pakistan et le Cachemire à la fin des années
1950, puis pendant plus de 3 ans en Inde. Sa magnifique collection
est malheureusement partie avec lui le jour où il s'exila
au Canada, à la fin des années 1960.
|
Sous
la conduite de J. Aubert, Claudine Siegenthaler effectue
son travail de doctorat à la fin des années 1970 sur les
Trichoptères de Suisse occidentale. Lors de la retraite de J. Aubert
en 1981, le Musée était donc en possession de très
belles collections de Plécoptères et de Trichoptères
parfaitement bien identifiées.
Ephémères
| Le
musée disposait alors d'une énorme collection d'Ephéméroptères
peu ou pas travaillée. C'est ce groupe que Michel
Sartori va commencer à étudier pour sa thèse
de doctorat consacrée aux éphémères
de Suisse.
Par
la suite, il étendra son terrain d'étude au bassin
méditerranéen, au Proche Orient, et enfin aux tropiques:
Guadeloupe, Madagascar et Bornéo. Il supervisera plusieurs
travaux de diplôme ou de thèse comme ceux de Claire
Hofmann (Ephéméroptères et Odonates
du Parc national de la Guadeloupe), de Natacha Koller
(Influences anthropogènes sur les macroinvertébrés
de la haute vallée de la Gryonne), de Laurence Ruffieux
(Réserves énergétiques et stratégies
de reproduction chez les Ephéméroptères) ou
encore de Jean-Luc Gattolliat (Systématique,
phylogénie et biogéographie des Baetidae malgaches).
|
|
 |
Projets
actuels ...
|
|
|
|
 
|